Droit social en pratique

Harcèlement au travail au Sénégal : nouvelles règles en 2026

Le harcèlement au travail constitue désormais un enjeu majeur de protection des droits et de la dignité des personnes dans l’entreprise.

Avec l’entrée en vigueur de la loi n° 2026-18 du 3 septembre 2026 portant Code du travail, le Sénégal renforce considérablement son dispositif juridique en matière de lutte contre la vio-lence et le harcèlement au travail. Le nouveau Code, qui remplace la loi n° 97-17 du 1er dé-cembre 1997, consacre plusieurs dispositions spécifiquement consacrées à la prévention, à la protection des victimes, à la charge de la preuve et aux sanctions.

Cette évolution est importante pour les entreprises. Le harcèlement n’est plus seulement appréhendé comme un comportement individuel susceptible de constituer une faute disciplinaire ou une infraction pénale. Il est désormais intégré dans une approche plus large de santé, sécurité, dignité, prévention des risques professionnels et protection contre les représailles.

Le nouveau Code définit notamment le harcèlement moral et le harcèlement sexuel, précise les personnes protégées et étend le champ d’application des règles de protection aux situations qui surviennent en dehors du lieu de travail lorsqu’elles sont liées à la relation professionnelle.

Pour les employeurs et les responsables RH, cette réforme impose donc de renforcer les mécanismes internes de prévention, de traitement des signalements et de protection des victimes ou témoins.

Pour les travailleurs, elle apporte notamment une protection renforcée contre les représailles lorsqu’ils refusent de subir, dénoncent ou témoignent de faits de violence ou de harcèlement.
Nous faisons le point dans cette article
Sommaire
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    1 - Quels textes encadrent le harcèlement au travail au Sénégal en 2026 ?

    Le principal texte applicable est désormais la loi n° 2026-18 du 3 septembre 2026 portant Code du travail.

    Les principales dispositions à retenir sont notamment :

    – Article 3 : définitions du harcèlement moral et du harcèlement sexuel ;
    –  Article 18 : champ d’application des règles relatives à la violence et au harcèlement ;
    – Article 20 : protection contre les représailles ;
    – Article 21 : charge de la preuve et responsabilité ;
    – Article 58 : création de l’Observatoire national sur la Discrimination, la Violence et le Harcèlement au Travail ;
    –  Article 59 : organisation de cet Observatoire ;
    – Article 232 : obligation d’intégrer la protection contre la violence et le harcèlement dans le règlement intérieur ;
    –  Article 307 : prise en compte du harcèlement et de la violence dans la prévention des risques professionnels ;
    –  Article 454 : sanctions pénales relatives au harcèlement, à la violence morale et aux re-présailles.

    Le Code du travail prévoit ainsi un dispositif qui combine prévention, protection, réparation et sanction.

    2 - Comment le nouveau Code définit-il le harcèlement moral ?

    L’article 3 du nouveau Code du travail définit le harcèlement moral comme une conduite se manifestant par des comportements, paroles, actes ou gestes répétés, hostiles ou non désirés, portant atteinte à la dignité ou à l’intégrité morale ou physique du travailleur et/ou entraînant pour celui-ci un milieu de travail néfaste.

    Une innovation importante : un seul comportement grave peut suffire

    Le nouveau Code apporte une précision particulièrement importante. Il prévoit qu’une seule conduite grave peut constituer un harcèlement moral, lorsqu’elle porte atteinte à la dignité ou à l’intégrité du travailleur et produit un effet nocif continu.

    Cette précision est importante pour les entreprises car il ne faut plus considérer systématique-ment qu’un salarié doit démontrer une succession de nombreux actes avant qu’un comporte-ment puisse être juridiquement qualifié de harcèlement.
    Exemples pratiques

    • Humiliations répétées devant les collègues ;
    • Insultes ou propos dégradants ;
    • Menaces ;
    • Dénigrement systématique ;
    • Isolement volontaire d’un salarié ;
    • Pressions professionnelles injustifiées ;
    • Comportements hostiles répétés ;
    • Mesures visant à dégrader les conditions de travail ;
    • Communications ou comportements portant atteinte à la dignité du travailleur

    Il convient toutefois de ne pas qualifier automatiquement de harcèlement toute difficulté rela-tionnelle ou toute décision managériale contestée. L’analyse doit tenir compte des faits, de leur contexte, de leur répétition ou de leur gravité et de leurs effets.

    3 - Qu'est-ce que le harcèlement sexuel selon le nouveau Code ?

    L’article 3 définit également le harcèlement sexuel.

    Il s’agit de tout comportement non désiré à connotation sexuelle, exprimé physiquement, ver-balement ou autrement, ainsi que de tout autre comportement fondé sur le sexe ayant pour effet de porter atteinte à la dignité des femmes et des hommes.
    Cette définition permet notamment d’appréhender des comportements qui ne prennent pas nécessairement la forme d’un contact physique.
    Le harcèlement sexuel peut ainsi se manifester par :

    • Des propos ou insinuations à caractère sexuel ;
    • Des gestes ou comportements déplacés ;
    • Des messages ou communications à connotation sexuelle ;
    • Des comportements non désirés liés au sexe ;
    • Certaines pressions exercées dans le cadre d’une relation professionnelle

    L’employeur doit donc prendre au sérieux les signalements relatifs au harcèlement sexuel, même lorsque les faits se déroulent au moyen d’outils numériques ou en dehors des locaux de l’entreprise.

    4 -Qui est protégé contre le harcèlement ?

    L’article 18 du nouveau Code élargit clairement le champ de protection.
    Les dispositions relatives à la violence et au harcèlement s’appliquent :

    • Aux relations entre le travailleur et l’employeur ;
    • Aux relations entre le travailleur et toute personne exerçant un pouvoir hiérarchique ;
    • Aux relations entre travailleurs ;
    • Aux personnes en formation ;
    • Aux stagiaires ;
    • Aux apprentis ;
    • Aux personnes à la recherche d’un emploi

    La protection ne concerne donc pas uniquement le salarié victime d’un comportement prove-nant de son supérieur hiérarchique.

    Un harcèlement entre collègues peut également relever du dispositif.

    5 - Le harcèlement doit-il nécessairement avoir lieu dans l'entreprise ?

    Non.
    C’est l’une des précisions importantes de l’article 18.
    Les règles relatives à la violence et au harcèlement s’appliquent aux faits pouvant survenir par le fait ou à l’occasion de la relation de travail, qu’ils se produisent sur ou en dehors du lieu de travail.
    Cette disposition est particulièrement importante à l’ère du numérique et du télétravail.
    Elle peut notamment concerner, selon les circonstances :

    • Les communications professionnelles sur WhatsApp ;
    • Les courriels ;
    • Les réunions professionnelles à distance ;
    • Les déplacements professionnels ;
    • Certains événements organisés par l’entreprise ;
    • Les relations professionnelles se poursuivant après les heures normales de travail

    Le lieu où le comportement s’est produit ne suffit donc pas, à lui seul, à écarter l’application du dispositif.

    6 - Une victime peut-elle être sanctionnée pour avoir dénoncé un harcèlement ?

    Non.
    L’article 20 constitue une disposition essentielle du nouveau dispositif.
    Aucun travailleur, stagiaire ou apprenti ne peut être sanctionné pour avoir :

    • Refusé de subir des agissements de violence ou de harcèlement ;
    • Dénoncé de tels agissements ;
    • Témoigné de faits de violence ou de harcèlement ;
    • Relaté de tels faits

    Le Code interdit également de prendre en considération le fait qu’une personne a refusé de subir ou dénoncé des faits de harcèlement pour prendre certaines décisions professionnelles.
    Cette protection concerne notamment :

    • L’embauche ;
    • La rémunération ;
    • La formation ;
    • L’affectation ;
    • La qualification ;
    • La classification ;
    • La promotion ;
    • La mutation ;
    • Le déplacement ;
    • Les sanctions disciplinaires ;
    • Le renouvellement ou la prolongation du contrat ;
    • La résiliation du contrat de travail

    Conséquence pratique pour les DRH
    Une entreprise doit être particulièrement prudente lorsqu’une mesure défavorable intervient peu de temps après un signalement de harcèlement.

    Il convient de pouvoir démontrer que toute décision prise à l’encontre du salarié repose sur des motifs objectifs, vérifiables et indépendants de la dénonciation.

    7 - Qui doit apporter la preuve du harcèlement ?

    L’article 21 apporte une précision importante concernant la preuve.

    La victime doit apporter les éléments permettant de faire présumer l’existence de la violence ou du harcèlement. Une fois cette présomption établie, il revient à la partie défenderesse de démontrer que les agissements en cause ne sont pas constitutifs de violence ou de harcèlement.
    Cette règle est particulièrement importante pour la gestion des dossiers RH.
    Quels éléments peuvent être conservés ?
    Une personne qui estime être victime de harcèlement peut notamment conserver :

    • Courriels ;
    • SMS ;
    • Messages WhatsApp ;
    • Notes professionnelles ;
    • Courriers ;
    • Comptes rendus de réunions ;
    • Témoignages ;
    • Certificats ou documents médicaux lorsqu’ils sont pertinents ;
    • Éléments permettant d’établir une dégradation des conditions de travail ;
    • Décisions ou documents professionnels permettant de retracer les faits.

    L’entreprise doit, de son côté, documenter sérieusement les signalements et les mesures prises.

    8 - L'auteur du harcèlement peut-il être con-damné à indemniser la victime ?

    Oui.

    L’article 21 prévoit que tout auteur de violence ou de harcèlement s’expose à des dommages-intérêts, sans préjudice des sanctions pénales prévues par les articles 453 et 454 du Code du travail.

    Il existe donc potentiellement plusieurs niveaux de conséquences :
    Responsabilité civile → dommages-intérêts
    Responsabilité disciplinaire → sanction professionnelle
    Responsabilité pénale → amende et/ou emprisonnement
    La nature exacte des conséquences dépend évidemment des faits établis et de leur qualifica-tion juridique.

    9 - Le règlement intérieur doit-il traiter du harcèlement ?

    Oui.

    L’article 232 du nouveau Code du travail prévoit que le règlement intérieur doit notamment comporter les règles relatives à la sécurité et à la santé au travail, y compris la protection contre la violence et le harcèlement.

    Il s’agit d’un point particulièrement important pour les employeurs.
    En pratique, l’entreprise devrait notamment prévoir :

    • Une interdiction claire du harcèlement ;
    • Une définition ou un renvoi aux définitions légales ;
    • Les comportements prohibés ;
    • Les modalités de signalement ;
    • Les personnes ou services auxquels les faits peuvent être signalés ;
    • Les règles de confidentialité ;
    • Les mesures de protection ;
    • La procédure interne de traitement des signalements ;
    • Les sanctions disciplinaires applicables conformément au Code et au règlement inté-rieur

    Le règlement intérieur devient ainsi un véritable outil de prévention.

    10 - Le harcèlement constitue-t-il un risque professionnel ?

    Oui.

    Le nouveau Code intègre expressément le harcèlement et la violence dans la démarche de prévention des risques professionnels. L’article 307 prévoit notamment que la planification de la prévention doit intégrer les risques liés au harcèlement et à la violence au travail.

    Cette disposition change la manière dont l’entreprise doit appréhender le phénomène. Le harcèlement n’est donc pas uniquement une question disciplinaire. Il relève également de la prévention et de la santé au travail.
    Pour le responsable RH
    L’entreprise devrait notamment :

    ➡️ identifier les situations à risque ;
    ➡️ évaluer les risques psychosociaux ;
    ➡️ sensibiliser les managers ;
    ➡️ former les responsables hiérarchiques ;
    ➡️ mettre en place une procédure de signalement ;
    ➡️ traiter rapidement les alertes ;
    ➡️ protéger les victimes et les témoins ;
    ➡️ assurer un suivi des situations à risque

    11 - Une nouvelle institution nationale est créée

    Le nouveau Code prévoit également la création d’un Observatoire national sur la Discrimination, la Violence et le Harcèlement au Travail.

    L’article 58 institue cet observatoire au sein du ministère chargé du Travail.

    Ses missions sont notamment de :

    • Promouvoir et coordonner les politiques de lutte contre la discrimination, la violence et le harcèlement ;
    • Assurer la prévention ;
    • Effectuer une veille ;
    • Sensibiliser ;
    • Réaliser des études et enquêtes ;
    • Constituer une base nationale de données statistiques ;
    • Formuler des avis et recommandations ;
    • Accompagner les victimes présumées ;
    • Contribuer au règlement amiable des différends

    L’article 59 prévoit que les règles relatives à sa composition, son organisation et son fonctionnement sont fixées par décret.

    Cette institution constitue une innovation importante du dispositif sénégalais.

    12 - Quelles sont les sanctions prévues contre le harcèlement ?

    L’article 454 du nouveau Code prévoit des sanctions pénales particulièrement importantes.
    Sont notamment concernés :

    • Le travailleur ou l’employeur auteur de harcèlement ou de violence morale ;
    • La personne qui sanctionne un travailleur, un stagiaire ou un apprenti pour avoir refusé de subir des agissements de violence ou de harcèlement ;
    • La personne qui sanctionne une personne ayant témoigné ou relaté des faits de harcè-lement ou de violence

    Peines prévues
    L’article 454 prévoit :
    Une amende de 200 000 à 5 000 000 FCFA et Un emprisonnement d’un mois à un an ou l’une de ces deux peines seulement.
    La sanction ne concerne donc pas uniquement l’auteur initial du harcèlement. La personne qui exerce des représailles contre une victime ou un témoin peut également être pénalement sanctionnée.

    13 - Le harcèlement sexuel peut également relever du Code pénal

    Le Code du travail n’est pas le seul texte susceptible de s’appliquer.

    Le Code pénal sénégalais, notamment son article 319 bis, réprime le fait de harceler autrui en utilisant des ordres, gestes, menaces, paroles, écrits ou contraintes dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle lorsqu’une personne abuse de l’autorité que lui confèrent ses fonc-tions.

    Il faut donc distinguer :
    Le dispositif du Code du travail
    → protection du travailleur, prévention, représailles, responsabilité et sanctions en matière de violence et harcèlement au travail.
    Le dispositif du Code pénal
    → répression pénale des comportements qui remplissent les conditions de l’infraction pénale.

    Pour une entreprise, un même comportement peut donc avoir des conséquences disciplinaires, civiles et pénales.

    14 - Quel est le rôle du DRH face à une dénonciation de harcèlement ?

    Lorsqu’un salarié signale des faits de harcèlement, le DRH ne devrait ni minimiser automatiquement les faits ni considérer immédiatement que le salarié dit nécessairement vrai.

    Il doit adopter une démarche objective, confidentielle et documentée.

    Réflexe RH recommandé
    Recevoir le signalement
    Le salarié doit pouvoir exposer les faits sans être immédiatement placé dans une situation dé-favorable.
    Formaliser les faits
    Il est recommandé de recueillir les éléments essentiels :

    • Identité des personnes concernées ;
    • Dates ;
    • Lieux ;
    • Nature des comportements ;
    • Témoins éventuels ;
    • Documents disponibles ;
    • Conséquences professionnelles ou personnelles alléguées

    Préserver les preuves
    Les documents utiles doivent être conservés dans des conditions permettant d’assurer leur intégrité et leur confidentialité.
    Évaluer les mesures de protection
    Lorsque la situation le justifie, l’entreprise doit prendre des mesures permettant d’éviter que la situation ne se poursuive ou ne s’aggrave.
    Procéder à une enquête interne lorsque cela est nécessaire
    L’enquête doit rechercher les faits de manière objective et contradictoire, sans transformer prématurément le signalement en sanction.
    Respecter les droits de toutes les personnes concernées
    La protection de la victime ne signifie pas que la personne mise en cause doit être privée de ses droits.
    Prendre les mesures appropriées
    Lorsque les faits sont établis, l’employeur doit prendre les mesures appropriées conformément au Code du travail, au règlement intérieur et aux règles applicables.

    15 - Exemple pratique

    Situation

    Une salariée indique à la DRH que son supérieur hiérarchique lui adresse depuis plusieurs semaines des messages à connotation sexuelle et lui propose des avantages professionnels en échange de faveurs sexuelles.

    Elle produit plusieurs captures de messages.
    Analyse
    Plusieurs dispositions du nouveau Code peuvent être mobilisées.

    L’article 3 permet de qualifier juridiquement le comportement au regard de la définition du harcèlement sexuel.

    L’article 18 confirme que le dispositif s’applique aux relations entre le travailleur et une per-sonne exerçant un pouvoir hiérarchique.

    L’article 20 protège la salariée contre les représailles.

    L’article 21 organise la question de la preuve et prévoit la possibilité de dommages-intérêts.

    L’article 454 prévoit des sanctions pénales en matière de harcèlement et de représailles.

    Selon les faits précis, le Code pénal peut également trouver à s’appliquer.
    Bonne pratique RH
    La DRH devrait notamment :

    ➡️ enregistrer formellement le signalement ;
    ➡️ conserver les éléments communiqués ;
    ➡️ éviter toute mesure pouvant être interprétée comme une représaille ;
    ➡️ prendre les mesures nécessaires pour protéger la salariée ;
    ➡️ procéder à une investigation sérieuse ;
    ➡️ permettre à la personne mise en cause de présenter ses observations ;
    ➡️ déterminer les suites disciplinaires ou autres appropriées ;
    ➡️ informer la victime des suites données dans les limites de la confidentialité

    16 - Ce qui change concrètement pour les employeurs en 2026

    Le nouveau Code impose désormais aux entreprises de considérer le harcèlement comme une véritable question de gouvernance sociale et de prévention des risques professionnels.
    Les employeurs devraient notamment vérifier :

    ☑️ le contenu du règlement intérieur ;
    ☑️ l’existence d’une politique interne contre le harcèlement ;
    ☑️ les procédures de signalement ;
    ☑️ les mécanismes de traitement des plaintes ;
    ☑️ la formation des managers ;
    ☑️ la sensibilisation des travailleurs ;
    ☑️ la protection des victimes et témoins ;
    ☑️ l’intégration du harcèlement dans l’évaluation des risques professionnels ;
    ☑️ la traçabilité des signalements et des enquêtes ;
    ☑️ la prévention des représailles

    17 - Ce que doit retenir le travailleur

    Le travailleur victime ou témoin de faits de harcèlement doit notamment savoir que :

    ➡️ le harcèlement moral et le harcèlement sexuel sont expressément définis par le nouveau Code ;
    ➡️ la protection s’étend aux relations entre collègues ;
    ➡️ les stagiaires et apprentis bénéficient également de la protection prévue par le Code ;
    ➡️ les faits peuvent être concernés même lorsqu’ils se produisent en dehors du lieu de travail lorsqu’ils sont liés à la relation professionnelle ;
    ➡️ une personne ne peut pas être sanctionnée pour avoir dénoncé ou relaté des faits de harcè-lement ;
    ➡️ les témoins bénéficient également d’une protection contre les représailles ;
    ➡️ des dommages-intérêts peuvent être demandés ;
    ➡️ des sanctions pénales sont prévues

    18 - Tableau récapitulatif des principales règles

    QuestionRègle applicable en 2026Article
    Définition du harcèlement moralComportements, paroles, actes ou gestes hostiles ou non désirés portant atteinte à la dignité/intégrité ou créant un milieu de travail néfasteArt. 3
    Acte unique graveUne seule conduite grave peut constituer un harcèlement moral sous certaines conditionsArt. 3
    Harcèlement sexuelComportement non désiré à connotation sexuelle ou fondé sur le sexe portant atteinte à la dignitéArt. 3
    Personnes protégéesTravailleurs, stagiaires, apprentis, personnes en formation et demandeurs d’emploi notammentArt. 18
    Harcèlement entre collèguesProtégéArt. 18
    Faits hors lieu de travailPeuvent être couverts lorsqu’ils surviennent par le fait ou à l’occasion de la relation de travailArt. 18
    Protection contre les représaillesInterdiction de sanctionner la victime ou le témoin pour avoir dénoncé ou relaté les faitsArt. 20
    PreuvePrésomption apportée par la victime puis défense à la partie défenderesseArt. 21
    Dommages-intérêtsResponsabilité de l’auteurArt. 21
    Règlement intérieurDoit intégrer la protection contre la violence et le harcèlementArt. 232
    Prévention des risquesLes risques liés au harcèlement et à la violence doivent être intégrés à la préventionArt. 307
    Observatoire nationalCréation d’un Observatoire national sur la discrimination, la violence et le harcèlementArt. 58
    Sanctions pénalesAmende et/ou emprisonnement pour harcèlement, violence morale et représaillesArt. 454

    19 - À retenir

    ➡️ Le nouveau Code du travail sénégalais de 2026 renforce fortement la protection contre le harcèlement au travail.
    ➡️ Le harcèlement moral et le harcèlement sexuel sont désormais expressément définis à l’article 3.
    ➡️ Une seule conduite grave peut, dans certaines conditions, constituer un harcèlement moral.
    ➡️ La protection s’applique également aux relations entre collègues.
    ➡️ Les stagiaires, apprentis et personnes en formation sont également protégés.
    ➡️ Les faits peuvent être couverts même lorsqu’ils surviennent en dehors du lieu de tra-vail lorsqu’ils sont liés à la relation professionnelle.
    ➡️ La victime et le témoin bénéficient d’une protection contre les représailles.
    ➡️ L’employeur doit intégrer la prévention du harcèlement dans sa politique de santé et sécurité au travail.
    ➡️ Le règlement intérieur doit intégrer la protection contre la violence et le harcèlement.

    ➡️ L’auteur du harcèlement peut être condamné à verser des dommages et intérêts.

    ➡️ Des sanctions pénales pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 5 millions de FCFA d’amende sont prévues par l’article 454.
    ➡️ Le Code pénal peut également s’appliquer lorsque les faits constituent une infraction pénale.

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