Au Cameroun, le régime du licenciement est principalement organisé par la loi n°92/007 du 14 août 1992 portant Code du travail, notamment ses articles 34 à 44. Plusieurs textes réglementaires complètent ce dispositif, notamment l’arrêté n°015/MTPS/SG/CJ du 26 mai 1993 relatif au préavis, l’arrêté n°016/MTPS/SG/CJ du 26 mai 1993 relatif à l’indemnité de licenciement et le décret n°021/MTPS/SG/CJ du 26 mai 1993 relatif au licenciement pour motif économique.
Cette fiche présente les principales règles que l’employeur doit connaître avant d’engager une procédure de licenciement.
Important : cette fiche constitue une ressource pratique d’information juridique. La situation concrète d’un salarié doit être analysée au regard de son contrat, de sa classification, de la convention collective applicable, du règlement intérieur et des circonstances précises de la rupture.
1. L’essentiel à retenir
2. Qu’est-ce qu’un licenciement ?
– Démission : La démission est la décision par laquelle un salarié, de sa propre initiative, manifeste de manière claire et non équivoque sa volonté de mettre fin à son contrat de travail. Elle constitue donc un mode de rupture du contrat de travail à l’initiative du salarié, par opposition au licenciement, qui est décidé par l’employeur.
– Rupture d’un commun accord : La rupture d’un commun accord du contrat de travail est un mode de cessation de la relation de travail résultant de la volonté concordante de l’employeur et du salarié de mettre fin au contrat, selon des conditions qu’ils déterminent d’un commun accord.
– Fin normale du CDD : La fin normale du contrat à durée déterminée (CDD) désigne la cessation du contrat à l’arrivée du terme prévu par les parties, lorsque le contrat a été conclu pour une durée déterminée avec une date de fin connue ou déterminable.
La rupture anticipée du contrat à durée déterminée (CDD) désigne la cessation du contrat de travail avant la date normalement prévue pour son terme, alors que le CDD est encore en cours d’exécution.
Départ à la retraite désigne la cessation de la relation de travail résultant de la volonté du salarié de mettre fin à son activité professionnelle parce qu’il a atteint l’âge ou les conditions lui permettant de bénéficier de ses droits à la retraite.
3. Quels contrats peuvent faire l’objet d’un licenciement ?
3.1. Le CDI
Le licenciement concerne principalement le salarié engagé dans le cadre d’un contrat à durée indéterminée. L’article 34 du Code du travail prévoit que le CDI peut être résilié par la volonté de l’une ou l’autre partie, sous réserve notamment du préavis et d’une notification écrite indiquant le motif de la rupture.
3.1. Le CDD
Le Code du travail prévoit que le CDD ne peut normalement pas prendre fin avant son terme, sauf notamment en cas de faute lourde, de force majeure ou d’accord des parties constaté par écrit (Article 38 du code du travail).
4. Quels sont les principaux motifs de licenciement ?
A. Le licenciement lié à la personne du salarié
B. Le licenciement pour motif économique
Le Code du travail définit le licenciement économique comme celui qui repose sur un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne du travailleur, résultant notamment d’une suppression ou transformation d’emploi ou d’une modification du contrat consécutive à des difficultés économiques, des mutations technologiques ou des restructurations internes. Le licenciement économique obéit à un régime spécifique ( Article 40 du code du travail).
5. L’employeur peut-il licencier librement un salarié ?
Non.
Même si le CDI peut être résilié à l’initiative de l’employeur, cette faculté n’autorise pas un licenciement arbitraire. L’article 39 du Code du travail prévoit que toute rupture abusive peut donner lieu à des dommages-intérêts et précise que, dans tous les cas de licenciement, l’employeur doit apporter la preuve du caractère légitime du motif qu’il invoque.
Conséquence pratique pour l’employeur
– Quel est le motif exact du licenciement ?
– Quels faits permettent de l’établir ?
– Quels documents permettent de prouver ces faits ?
– Le motif est-il suffisamment sérieux et juridiquement défendable ?
6. La preuve : le point central du licenciement
Conseil RH : ne jamais attendre le jour du licenciement pour constituer le dossier de preuve.
7. La notification du licenciement
Une précaution importante
8. Le préavis de licenciement
Le préavis est la période qui s’écoule entre la notification de la rupture et la fin effective du contrat. Le Code du travail ( Article 34 alinéa 3) prévoit que sa durée est déterminée par voie réglementaire en fonction notamment de l’ancienneté et de la classification professionnelle du travailleur.
| Catégorie | Moins d’un an | 1 à 5 ans | Plus de 5 ans |
|---|---|---|---|
| Catégories I à VI et travailleurs domestiques | 15 jours | 1 mois | 2 mois |
| Catégories VII à IX | 1 mois | 2 mois | 3 mois |
| Catégories X à XII | 1 mois | 3 mois | 4 mois |
Attention : la convention collective applicable ou des dispositions contractuelles plus favorables peuvent avoir une incidence sur les droits du salarié. Il convient donc de vérifier les textes applicables à l’entreprise avant de calculer le préavis.
9. Le préavis doit-il être exécuté ?
En principe, oui.
10. Peut-on licencier sans préavis ?
Oui, mais dans les conditions prévues par la loi.
11. L’indemnité de licenciement
Les modalités de calcul sont fixées par l‘arrêté n°016/MTPS/SG/CJ du 26 mai 1993 fixant les modalités d’attribution et de calcul de l’indemnité de licenciement.
| Ancienneté | Taux par année |
|---|---|
| 1ère à 5ème année | 20% |
| 6ème à 10ème année | 25% |
| 11ème à 15ème année | 30% |
| 16ème à 20ème année | 35% |
| À partir de la 21ème année | 40% |
Exemple simplifié
12. Licenciement abusif : quels risques pour l’employeur ?
Le licenciement peut être contesté lorsqu’il est considéré comme abusif.
Le Code du travail ( Article 39 ) prévoit alors la possibilité d’accorder des dommages-intérêts. Pour leur détermination, le texte prend en compte différents éléments permettant d’apprécier l’existence et l’étendue du préjudice.
13. Le licenciement pour motif économique
Le Code du travail en son article 40 vise notamment :
14. Comment déterminer l’ordre des licenciements économiques ?
L’article 40 alinéa 6 du code du travail précise que les aptitudes professionnelles doivent être prises en compte en priorité. L’employeur doit communiquer aux délégués du personnel la liste des travailleurs concernés ainsi que les critères de choix retenus.
Les délégués disposent d’un délai maximal de huit jours francs pour transmettre leur réponse écrite. Les documents sont ensuite transmis au ministre chargé du Travail pour arbitrage.
15. Protection particulière du délégué du personnel
Le délégué du personnel bénéficie d’une protection spécifique. Prévue par l’article 130 du code du travail. Conformément à cette disposition, tout licenciement d’un délégué du personnel titulaire ou suppléant envisagé par l’employeur est subordonné à l’autorisation de l’inspecteur du travail du ressort.
16. Quels documents préparer avant un licenciement ?
Documents relatifs au salarié
Documents relatifs au motif
Documents relatifs au motif
17. Les principales erreurs à éviter
Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.