Au Cameroun, la période d’essai est encadrée principalement par l’article 28 de la loi n° 92/007 du 14 août 1992 portant Code du travail et par l’arrêté n° 017/MTPS/SG/CJ du 26 mai 1993 fixant la durée maximale et les modalités de l’engagement à l’essai.
1 – Qu'est-ce que la période d'essai en droit du travail camerounais ?
1.1. Définition et finalité
– la compétence professionnelle du travailleur ;
– la qualité des prestations fournies ;
– le rendement et la capacité à atteindre les objectifs du poste ;
— L’aptitude à s’intégrer dans l’organisation de l’entreprise.
– les conditions de travail ;
– la rémunération proposée ;
– les conditions d’hygiène et de sécurité ;
– l’environnement professionnel et le climat social ;
— Les possibilités d’adaptation aux exigences du poste.
1.2. La période d'essai est-elle obligatoire ?
Non. L’article 1er, paragraphe b), de l’arrêté du 26 mai 1993 précise que l’engagement à l’essai est facultatif.
Conséquence pratique : l’employeur ne doit pas considérer la période d’essai comme une formalité automatiquement applicable à tout recrutement. Elle doit être expressément prévue conformément aux textes en vigueur.
2- Quelles sont les conditions de validité de la période d'essai ?
2.1. Une stipulation écrite obligatoire
L’article 28, alinéa 2, du Code du travail impose que l’engagement à l’essai soit stipulé par écrit.
– la date de début de l’essai ;
– sa durée ;
– la catégorie professionnelle du travailleur ;
— Les conditions de renouvellement, lorsqu’un renouvellement est envisagé.
2.2. Une durée adaptée au poste et à la catégorie professionnelle
3 – Quelle est la durée maximale de la période d'essai au Cameroun ?
3.1. Les durées prévues par l'arrêté du 26 mai 1993
| Catégorie professionnelle | Durée maximale de la période d’essai initiale |
|---|---|
| Catégories I et II | 15 jours |
| Catégories III et IV | 1 mois |
| Catégories V et VI | 2 mois |
| Catégories VII et IX | 3 mois |
| Catégories X à XII | 4 mois |
3.2. Le plafond général fixé par le Code du travail
– Six mois en principe ;
– Huit mois pour les cadres
En pratique, l’employeur ne doit pas retenir automatiquement six ou huit mois pour tous les salariés. Il doit d’abord vérifier la durée réglementaire correspondant à la catégorie professionnelle, puis déterminer si un renouvellement est autorisé et dans quelles limites.
3.3. Comment calculer la durée de l'essai ?
3.4. Les délais exclus de la durée de l'essai
L’article 28, alinéa 3, du Code du travail précise que les délais de recrutement, de route, de formation et de stage ne sont pas compris dans la durée de l’essai.
4- Le renouvellement de la période d'essai
4.1. Le renouvellement est-il autorisé ?
Oui. Toutefois, l’article 3, paragraphe a), de l’arrêté n° 017/MTPS/SG/CJ du 26 mai 1993 précise que la période d’essai ne peut être renouvelée qu’une seule fois.
4.2. Quelles sont les conditions du renouvellement ?
Le renouvellement doit être signifié par écrit par l’employeur au travailleur avant l’expiration de la période d’essai initiale.
– Identifier la date exacte d’expiration de l’essai initial ;
– Évaluer le travail réalisé et les compétences du salarié ;
– Décider du renouvellement avant l’échéance ;
– Notifier cette décision par écrit au salarié dans le délai requis ;
– Conserver une preuve de la notification ;
– S’assurer que la durée totale demeure conforme aux plafonds applicables.
4.3. Quelles sont les conséquences d'un renouvellement irrégulier ?
Point de vigilance RH : il faut distinguer la décision de renouveler, sa notification écrite et la date à laquelle cette notification intervient. La preuve de la notification avant l’échéance est essentielle.
5 – La rémunération du salarié pendant la période d'essai
5.1. L'essai est une période de travail rémunéré
5.2. Que doit contenir l'acte distinct du contrat de travail ?
6- La rupture de la période d'essai
6.1. Peut-on rompre le contrat pendant l'essai ?
6.2. Quelles précautions prendre avant de rompre l'essai ?
– Vérifier que la période d’essai a été valablement stipulée par écrit ;
– Confirmer que la date de rupture se situe dans la période autorisée ;
– Contrôler la régularité d’un éventuel renouvellement ;
– Conserver les éléments objectifs de l’évaluation professionnelle ;
– Établir un document écrit retraçant la décision ;
– Régler les sommes dues au salarié au titre du travail effectué.
6.3. La rupture de l'essai entraîne-t-elle le paiement d'une indemnité de licenciement ?
6.4. Que se passe-t-il si le salarié continue à travailler après l'expiration de l'essai ?
L’article 28, alinéa 5, du Code du travail prévoit que la prolongation des services au-delà de l’expiration d’un contrat d’engagement à l’essai, sans intervention d’un nouveau contrat, vaut engagement définitif, prenant effet à compter du début de l’essai.
– soit mettre fin à la relation dans les conditions applicables ;
– soit renouveler valablement l’essai lorsqu’un renouvellement est autorisé ;
— Soit poursuivre la relation dans le cadre de l’engagement définitif.
7- L'ancienneté du salarié après la période d'essai
8 - Quelles sont les obligations pratiques de l'employeur ?
Avant le début de l'essai
– vérifier la classification professionnelle du salarié ;
– déterminer la durée autorisée ;
– rédiger une clause écrite claire ;
– fixer les objectifs et critères d’évaluation ;
– communiquer au salarié les conditions essentielles de son emploi.
Pendant l'essai
– suivre les compétences et les résultats du salarié ;
– organiser des échanges réguliers avec le responsable hiérarchique ;
– documenter les difficultés professionnelles constatées ;
– assurer le paiement de la rémunération applicable ;
— Préparer la décision avant l’échéance.
Avant l'expiration
– vérifier la date exacte de fin de l’essai ;
– décider si la relation doit se poursuivre ;
– notifier tout renouvellement autorisé avant l’échéance ;
– formaliser la confirmation ou la rupture selon le régime applicable ;
– conserver les preuves des notifications et décisions prises.
9 - Exemple pratique : renouvellement tardif de la période d'essai
Enseignement RH : la décision de renouvellement doit être anticipée et notifiée par écrit avant la date d’expiration de l’essai. Une simple décision interne ou une notification tardive ne suffit pas.
10 - Quelles sont les erreurs à éviter dans la gestion de la période d'essai ?
– Ne pas prévoir l’essai par écrit : le Code du travail exige une stipulation écrite.
– Fixer une durée sans vérifier la catégorie professionnelle : les durées maximales prévues par l’arrêté doivent être prises en compte.
– Confondre plafond général et durée applicable : les plafonds de six ou huit mois ne doivent pas être appliqués indistinctement à tous les salariés.
– Renouveler l’essai après son expiration : la notification doit intervenir avant la fin de la période initiale.
– Oublier la rémunération du salarié : le travail exécuté pendant l’essai doit être payé au taux correspondant à la catégorie professionnelle.
– Laisser le salarié travailler après l’échéance sans traiter sa situation : la poursuite des services peut valoir engagement définitif.
– Ignorer l’ancienneté acquise pendant l’essai : cette période entre dans le calcul des droits et avantages attachés à l’ancienneté.
– Ne pas conserver les preuves : les documents relatifs à l’essai et à son renouvellement doivent pouvoir être produits en cas de contestation.