1 – Qu'est-ce qu'un contrat de travail à durée déterminée ?
Pour répondre à cette question, il faut se référer à l’article 25, alinéa 1, a), du Code du travail camerounais du 14 août 1992.
Exemple pratique
Une entreprise industrielle recrute un technicien pour une période de douze mois afin de renforcer son équipe de maintenance. Le contrat prévoit une prise de fonction le 1er janvier 2026 et une échéance au 31 décembre 2026.
À retenir : le CDD doit correspondre à une relation de travail dont le terme est déterminé conformément aux règles applicables. Il ne suffit pas de donner à un contrat l’intitulé « CDD » pour que sa qualification juridique soit incontestable.
2 - Quelle est la durée maximale d'un CDD au Cameroun ?
L’article 25, alinéa 1, a), dispose que le CDD ne peut être conclu pour une durée supérieure à deux ans et qu’il peut être renouvelé pour la même durée.
L’article 25 prévoit également des contrats assimilés au CDD, mais qui ne peuvent pas être renouvelés. Il s’agit notamment :
– du contrat dont le terme dépend de la survenance d’un événement futur et certain, indépendant de la seule volonté des parties, et indiqué avec précision ;
— Du contrat conclu pour un ouvrage déterminé.
Conseil RH : avant de fixer la durée d’un contrat, identifiez sa catégorie juridique. Ne vous contentez pas de reproduire une durée utilisée dans un précédent recrutement.
Référence juridique : article 25, alinéa 1, a), du Code du travail.
3 – Combien de fois un CDD peut-il être renouvelé au Cameroun ?
Non, pas dans le cadre du régime ordinaire applicable au salarié de nationalité camerounaise.
L’article 25, alinéa 4, prévoit des exceptions concernant certaines catégories de travailleurs recrutés exclusivement pour des travaux temporaires, occasionnels ou saisonniers.
Conseil RH : mettez en place un tableau de suivi des CDD mentionnant la date de début, le terme prévu, le nombre de renouvellements et la date à laquelle une décision doit être prise.
Référence juridique : article 25, alinéas 1, 3 et 4, du Code du travail.
4 - Le CDD doit-il obligatoirement être écrit ?
– l’identité des parties ;
– la fonction occupée ;
– le lieu de travail ;
– la date de prise de fonction ;
– la durée du contrat et son terme ;
– la rémunération et ses composantes ;
– les horaires ou la durée du travail applicables ;
– les conditions de renouvellement, dans les limites légales ;
— Les éventuelles dispositions particulières applicables au poste.
Conseil RH : préparez un modèle de CDD validé en interne et vérifiez les formalités avant la prise de fonction du salarié.
Références juridiques : articles 24, alinéa 3, et 27, alinéa 1, du Code du travail.
5 - Quelles sont les règles applicables au CDD d'un travailleur étranger ?
Non. Le Code du travail prévoit une formalité spécifique pour les contrats de travail concernant les travailleurs de nationalité étrangère.
Conseil RH : intégrez le contrôle des formalités administratives des travailleurs étrangers dans votre procédure de recrutement et de renouvellement des contrats.
6 – Quelles sont les particularités des contrats temporaires, occasionnels et saisonniers ?
Oui, sous réserve de respecter le régime juridique applicable à la situation concernée.
– du remplacement d’un travailleur absent ou dont le contrat est suspendu ;
— De l’achèvement d’un ouvrage dans un délai déterminé nécessitant une main-d’œuvre supplémentaire.
Exemple : une entreprise recrute temporairement un salarié pour remplacer un magasinier dont le contrat est suspendu.
Exemple : une entreprise industrielle doit mobiliser temporairement du personnel supplémentaire pour faire face à une augmentation imprévue de son activité.
Exemple : une entreprise recrute des travailleurs pour répondre à un besoin de main-d’œuvre lié à une période saisonnière de production.
– le décret nᵒ 93/572/PM du 15 juillet 1993 relatif aux entreprises de travail temporaire ;
— Le décret nᵒ 2001/2124/PM du 14 avril 2001 fixant les conditions d’ouverture et les règles minimales de fonctionnement des entreprises de travail temporaire.
Attention : un besoin permanent de main-d’œuvre ne devient pas temporaire par le seul fait que l’employeur choisit de signer des contrats de courte durée.
7 – Quelles sont les règles applicables au recours à une entreprise de travail temporaire ?
– le recours à ces travailleurs doit concerner des tâches non durables et les cas définis à l’article 25, alinéa 4 ;
– l’ouverture d’une entreprise de travail temporaire est soumise à l’agrément préalable du ministre chargé du Travail ;
– le contrat de travail liant l’entreprise de travail temporaire au travailleur doit être écrit ;
– un contrat de mise à disposition écrit doit être conclu entre l’entreprise utilisatrice et l’entreprise de travail temporaire pour chaque travailleur concerné ;
— La durée de ce contrat de mise à disposition ne peut excéder un an avec le même utilisateur.
Référence juridique : article 26, alinéas 1 à 7, du Code du travail.
8 - Le CDD peut-il être rompu avant son échéance ?
Non. Le CDD ne doit pas être confondu avec le CDI, dont les règles de rupture sont différentes.
Exemple pratique
– une copie du contrat de travail ;
– la notification de rupture, si elle existe ;
– les bulletins de paie ;
– les échanges relatifs aux motifs de la rupture ;
— Tout document permettant d’établir la durée restant à courir et les conditions d’exécution du contrat.
Point de vigilance : l’article 25 définit le CDD et en encadre notamment la durée et le renouvellement. Pour analyser une rupture anticipée, il faut également examiner les dispositions du Code du travail relatives à la cessation du contrat ainsi que les règles applicables à la situation considérée. Il serait donc imprudent de déduire de l’article 25, à lui seul, l’ensemble des conséquences d’une rupture anticipée.
9 – Que se passe-t-il lorsque le CDD arrive à son terme ?
Non, pas dans tous les cas.
– vérifier la date exacte de fin du contrat ;
– contrôler le nombre de renouvellements déjà intervenus ;
– déterminer si la relation de travail doit prendre fin ou se poursuivre ;
– préparer les documents de fin de contrat, lorsque la relation prend effectivement fin ;
— Vérifier les sommes restant dues au salarié et les formalités applicables.
Conseil RH : utilisez un système d’alerte pour anticiper les échéances contractuelles et éviter la poursuite involontaire d’un CDD au-delà de son terme.
Référence juridique : article 25, alinéas 1 et 3, du Code du travail.
10 - Quelles sont les principales erreurs à éviter dans la gestion des CDD ?
11 – Quels documents le responsable RH doit-il préparer pour gérer un CDD ?
– la demande de recrutement ou la justification du besoin ;
– le contrat de travail signé ;
– les documents relatifs à la qualification et à l’identité du salarié ;
– les pièces relatives aux formalités administratives requises ;
– la preuve de transmission du contrat à l’inspection du travail lorsque cette formalité est obligatoire ;
– les avenants ou documents de renouvellement, lorsqu’ils sont légalement possibles ;
– le tableau de suivi des échéances ;
– les bulletins de paie ;
— Les documents relatifs à la fin du contrat, lorsque celui-ci prend fin.
12 – Quelles sont les principales références juridiques à consulter ?
– Article 23 : définition du contrat de travail.
– Article 24 : champ d’application de la législation camerounaise et règles relatives à la constatation du contrat.
– Article 25 : types de contrats, définition du CDD, durée, renouvellement et régimes particuliers.
– Article 26 : recours aux entreprises de travail temporaire et conditions de mise à disposition.
– Article 27 : formalités relatives à l’écrit, transmission à l’inspection du travail et visa des contrats de travailleurs étrangers.
– Décret nᵒ 93/577/PM du 15 juillet 1993 : conditions d’emploi des travailleurs temporaires, occasionnels ou saisonniers.
– Décret nᵒ 93/572/PM du 15 juillet 1993 : régime des entreprises de travail temporaire.
– Décret nᵒ 2001/2124/PM du 14 avril 2001 : conditions d’ouverture et règles minimales de fonctionnement des entreprises de travail temporaire.