Énoncé du cas pratique
Question : La société CAMEROUN INDUSTRIES SA peut-elle valablement rompre le CDD de Monsieur NGONO avant son terme pour cause de baisse d’activité, et quelles sont les conséquences juridiques et financières de cette rupture ?
Corrigé du cas pratique
– La faute lourde : le comportement du travailleur doit présenter une gravité suffisante pour justifier la rupture anticipée du contrat.
– La force majeure : l’événement invoqué doit répondre aux conditions juridiques permettant de le qualifier de force majeure. Une simple difficulté économique ne suffit pas, à elle seule, à caractériser cette situation.
– L’accord écrit des parties : l’employeur et le travailleur peuvent convenir de mettre fin au contrat avant son terme, à condition que leur accord soit constaté par écrit.
L’article 39, alinéa 1, du Code du travail camerounais prévoit que toute rupture abusive du contrat peut donner lieu à des dommages-intérêts.
L’alinéa 4 du même article précise les éléments à prendre en considération pour déterminer le montant de ces dommages-intérêts, notamment la nature des services engagés, l’ancienneté du travailleur, son âge et les droits auxquels il peut prétendre.
Point de vigilance : contrairement à certaines législations étrangères, le Code du travail camerounais ne prévoit pas, à l’article 39, une formule générale de calcul des dommages-intérêts correspondant automatiquement à la totalité des salaires restant à courir jusqu’au terme du CDD. Le montant de l’indemnisation doit donc être déterminé au regard des dispositions applicables et du préjudice juridiquement reconnu.
En l’espèce, Monsieur NGONO a conclu avec la société CAMEROUN INDUSTRIES SA un CDD de douze mois, allant du 1er janvier au 31 décembre 2026.
Par conséquent, la décision de la société CAMEROUN INDUSTRIES SA méconnaît les dispositions de l’article 38 du Code du travail camerounais.
Première conséquence, Monsieur NGONO peut saisir la juridiction compétente afin de solliciter la réparation du préjudice résultant de la rupture anticipée irrégulière de son contrat.
Deuxième conséquence : le paiement des droits acquis. La société demeure tenue de régler les sommes effectivement dues à Monsieur NGONO au titre de la période travaillée et les autres droits acquis conformément aux textes applicables et aux stipulations contractuelles.
Troisième conséquence : l’article 36 du Code du travail concerne expressément les conséquences de l’inobservation du préavis dans le cadre de la rupture du contrat à durée indéterminée.
Quatrième conséquence pour apprécier le préjudice subi, il sera notamment utile de produire :
• le contrat de travail signé ;
• la lettre de rupture anticipée ;
• les bulletins de paie ;
• les documents établissant la rémunération convenue ;
• les éléments permettant de démontrer les conséquences professionnelles et financières de la rupture
Conclusion
En l’absence de faute lourde, de force majeure juridiquement caractérisée ou d’accord écrit des parties, la rupture du contrat le 30 septembre 2026 est contraire à l’article 38 du Code du travail camerounais.
Monsieur NGONO peut donc demander réparation du préjudice subi devant la juridiction compétente, notamment sur le fondement de l’article 39 lorsque les conditions de son application sont réunies.
Ce qu'il faut retenir
Principe : le CDD doit normalement être exécuté jusqu’à son terme.
Exceptions : selon l’article 38 du Code du travail camerounais, la rupture anticipée est admise en cas de faute lourde, de force majeure ou d’accord des parties constaté par écrit.
Baisse d’activité : une diminution des commandes ou des difficultés financières ne constitue pas automatiquement un cas de force majeure.
Rupture irrégulière : l’employeur qui rompt prématurément un CDD sans motif légal s’expose à une action en réparation du préjudice subi par le travailleur.
Indemnisation : les dommages-intérêts doivent être appréciés au regard des dispositions applicables et des circonstances de la rupture. Ils ne correspondent pas automatiquement à la totalité des salaires restant à courir.
Conseil pratique : avant toute rupture anticipée d’un CDD, l’employeur doit vérifier l’existence d’un motif légal et conserver les documents justifiant sa décision.