Le licenciement d’un salarié au Cameroun : règles, procédure, préavis et indemnités

Dernière mise à jour : août 2026 Public concerné : employeurs, DRH, responsables RH, juristes d’entreprise, managers, salariés et praticiens du droit social.
Le licenciement constitue l’un des actes les plus sensibles de la gestion des ressources humaines.
Lorsqu’un employeur souhaite mettre fin à la relation de travail, il ne suffit pas de notifier au salarié que son contrat prend fin. Le licenciement doit être fondé sur un motif juridiquement défendable et respecter les règles applicables en matière de préavis, d’indemnités et, selon le cas, de licenciement pour motif économique.
Au Cameroun, le régime du licenciement est principalement organisé par la loi n°92/007 du 14 août 1992 portant Code du travail, notamment ses articles 34 à 44. Plusieurs textes réglementaires complètent ce dispositif, notamment l’arrêté n°015/MTPS/SG/CJ du 26 mai 1993 relatif au préavis, l’arrêté n°016/MTPS/SG/CJ du 26 mai 1993 relatif à l’indemnité de licenciement et le décret n°021/MTPS/SG/CJ du 26 mai 1993 relatif au licenciement pour motif économique.
Cette fiche présente les principales règles que l’employeur doit connaître avant d’engager une procédure de licenciement.

Important : cette fiche constitue une ressource pratique d’information juridique. La situation concrète d’un salarié doit être analysée au regard de son contrat, de sa classification, de la convention collective applicable, du règlement intérieur et des circonstances précises de la rupture.

1. L’essentiel à retenir

Avant de licencier un salarié, l’employeur doit notamment vérifier :
• La nature du contrat de travail ;
• Le motif précis du licenciement ;
• La réalité et la légitimité de ce motif ;
• Les preuves permettant de justifier la décision ;
• La convention collective applicable ;
• La classification professionnelle du salarié ;
• Son ancienneté ;
• La durée du préavis applicable ;
• Son éventuel droit à l’indemnité de licenciement ;
• Les autres sommes dues à la date de départ ;
• Les formalités particulières éventuellement applicables.
Pour un CDI, le Code du travail prévoit que la rupture doit être notifiée par écrit et que la notification doit indiquer le motif de la rupture. Le préavis commence à courir à compter de cette notification.
En cas de contestation, la charge de prouver le caractère légitime du motif invoqué incombe à l’employeur.

2. Qu’est-ce qu’un licenciement ?

Le licenciement est la rupture du contrat de travail à l’initiative de l’employeur. Il convient toutefois de distinguer le licenciement des autres modes de rupture à savoir :

Démission : La démission est la décision par laquelle un salarié, de sa propre initiative, manifeste de manière claire et non équivoque sa volonté de mettre fin à son contrat de travail. Elle constitue donc un mode de rupture du contrat de travail à l’initiative du salarié, par opposition au licenciement, qui est décidé par l’employeur.

Rupture d’un commun accord : La rupture d’un commun accord du contrat de travail est un mode de cessation de la relation de travail résultant de la volonté concordante de l’employeur et du salarié de mettre fin au contrat, selon des conditions qu’ils déterminent d’un commun accord.

Autrement dit, contrairement au licenciement, qui procède de la décision de l’employeur, et à la démission, qui procède de la volonté du salarié, la rupture d’un commun accord repose sur une décision conjointe des deux parties.

Fin normale du CDD : La fin normale du contrat à durée déterminée (CDD) désigne la cessation du contrat à l’arrivée du terme prévu par les parties, lorsque le contrat a été conclu pour une durée déterminée avec une date de fin connue ou déterminable.

Autrement dit, le CDD prend normalement fin sans qu’il soit nécessaire de procéder à un licenciement ou à une démission, dès lors que la durée convenue arrive à son terme.

La rupture anticipée du contrat à durée déterminée (CDD) désigne la cessation du contrat de travail avant la date normalement prévue pour son terme, alors que le CDD est encore en cours d’exécution.

En principe, le CDD doit être exécuté jusqu’à son terme. Sa rupture avant cette échéance n’est donc possible que dans les cas autorisés par la législation applicable, notamment en cas d’accord entre les parties ou pour certains motifs légalement reconnus.

Départ à la retraite désigne la cessation de la relation de travail résultant de la volonté du salarié de mettre fin à son activité professionnelle parce qu’il a atteint l’âge ou les conditions lui permettant de bénéficier de ses droits à la retraite.

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