Vous êtes employeur, responsable des ressources humaines, salarié ou étudiant en droit et vous souhaitez connaître le salaire minimum légal applicable au Cameroun ?
La question est importante, car le salaire constitue l’une des principales obligations de l’employeur dans le cadre du contrat de travail.
Au Cameroun, le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) correspond au seuil minimal de rémunération fixé par les pouvoirs publics pour les travailleurs entrant dans son champ d’application. Il vise notamment à garantir une rémunération minimale et à encadrer la fixation des salaires dans les relations de travail.
Toutefois, connaître le SMIG ne consiste pas simplement à retenir un montant en francs CFA. Il faut également déterminer les travailleurs concernés, identifier les textes applicables, distinguer le salaire de base des autres éléments de rémunération et vérifier si une convention collective prévoit des minima plus favorables.
Dans cette fiche, nous répondons aux principales questions que peuvent se poser les professionnels des ressources humaines, les employeurs et les salariés.
Il s’agit d’un seuil minimal de rémunération fixé par les pouvoirs publics pour les travailleurs concernés par la réglementation applicable.
Concrètement, un employeur ne peut pas fixer librement le salaire d’un travailleur en ignorant les minima légaux applicables à son emploi.
Cette obligation doit être examinée en tenant compte :
Une entreprise industrielle recrute un agent d’exécution. Le responsable RH ne doit pas déterminer son salaire uniquement en fonction des contraintes budgétaires de l’entreprise.
Il doit vérifier le minimum légal applicable, la catégorie professionnelle du salarié et les éventuels minima prévus par la convention collective de l’industrie concernée.
Si le minimum conventionnel applicable est supérieur au SMIG, le salaire doit respecter ce minimum conventionnel.
La réglementation du SMIG repose principalement sur le Code du travail et les textes réglementaires fixant ou précisant les minima salariaux.
Le Code du travail constitue le texte législatif de référence en matière de relations individuelles et collectives de travail au Cameroun.
Cette disposition permet d’identifier les relations de travail relevant du Code, sous réserve des exclusions expressément prévues par la loi.
Le Titre IV du Code du travail, consacré au salaire, constitue la partie essentielle à consulter pour comprendre les règles applicables à la rémunération.
Il convient notamment de se reporter aux dispositions relatives à la détermination du salaire, au paiement de la rémunération et à la protection du salarié contre certaines pratiques portant atteinte à ses droits salariaux.
Ce décret constitue un texte important dans l’évolution récente du salaire minimum au Cameroun.
Il a remplacé le dispositif antérieur issu du décret n° 2014/2217/PM du 24 juillet 2014.
Cependant, ce texte de 2023 a ensuite été abrogé par le décret n° 2024/0168/PM du 23 février 2024 pour la catégorie particulière des agents de l’État relevant du Code du travail.
Il ne faut donc pas citer le décret de 2023 comme s’il constituait, à lui seul, la référence actuelle pour toutes les catégories de salariés.
Ce décret fixe le SMIG à 43 969 FCFA pour les agents de l’État relevant du Code du travail.
Son article 1er prévoit ce montant à compter de la date de signature du texte.
Son article 2 abroge les dispositions antérieures contraires, notamment le décret n° 2023/00338/PM du 21 mars 2023.
Attention : ce décret vise expressément les agents de l’État relevant du Code du travail. Il ne suffit donc pas, à lui seul, pour déterminer le montant applicable à chaque salarié du secteur privé
Pour les entreprises privées, il convient de vérifier le texte de fixation du SMIG correspondant à la catégorie concernée ainsi que les éventuelles dispositions réglementaires intervenues ultérieurement.
C’est généralement la première question posée par les employeurs et les salariés.
La réponse exige toutefois une distinction entre les catégories de travailleurs.
Les montant du SMIG actuellement en vigueur au Cameroun sont ceux indiqués dans le tableau ci-dessous
Le montant de 60 000 FCFA pour le secteur privé non agricole est celui qui s’applique dans la très grande majorité des entreprises camerounaises. C’est le chiffre de référence pour les conventions collectives, les grilles salariales d’entreprise et les vérifications de l’Inspection du Travail.
Pas nécessairement dans les mêmes conditions.
Pour déterminer si un travailleur relève du SMIG, il faut d’abord examiner son statut juridique et les textes qui régissent sa relation professionnelle.
Les salariés des entreprises privées relevant du Code du travail sont concernés par les règles de rémunération minimale applicables à leur situation.
L’employeur doit également vérifier les dispositions de la convention collective de branche et les accords applicables à son entreprise.
L’article 1er du Code du travail exclut expressément de son champ d’application certains personnels régis par des statuts particuliers, notamment les personnels relevant du statut général de la fonction publique, sous réserve des autres exclusions énumérées par cet article
Il faut donc éviter d’appliquer automatiquement les règles du SMIG du Code du travail à toutes les personnes exerçant une activité professionnelle au Cameroun.
En principe, un employeur ne peut pas fixer une rémunération inférieure au minimum légal applicable au salarié concerné.
Le salaire convenu dans le contrat de travail doit respecter les dispositions légales et réglementaires applicables ainsi que les minima conventionnels obligatoires.
Une entreprise recrute un salarié dont la rémunération est inférieure au minimum légal applicable à sa situation.
Le fait que le salarié ait accepté cette rémunération ne dispense pas automatiquement l’employeur de respecter les minima obligatoires.
L’entreprise doit procéder à la vérification de la rémunération et, si nécessaire, à sa régularisation.
Le responsable RH doit également examiner les éventuels rappels de salaire dus au salarié pour la période concernée.
Une convention collective peut prévoir une grille de rémunération tenant compte de plusieurs éléments :
Ainsi, un salarié peut avoir droit à un salaire minimum conventionnel supérieur au SMIG.
Une entreprise industrielle applique une convention collective prévoyant un minimum salarial pour une catégorie professionnelle déterminée.
Le responsable RH doit comparer ce minimum conventionnel au minimum légal applicable et retenir la rémunération minimale obligatoire correspondant à la situation du salarié.
Il ne suffit donc pas de vérifier si le salaire est supérieur au SMIG : il faut aussi s’assurer qu’il respecte la classification et la grille salariale applicables.
Il faut distinguer le salaire de base de la rémunération globale.
Le salaire de base correspond à la rémunération convenue pour le travail effectué, indépendamment des éléments complémentaires qui peuvent s’y ajouter.
La rémunération globale peut comprendre, selon la situation :
Pour apprécier le respect du minimum salarial, il est nécessaire d’identifier les éléments qui peuvent juridiquement être pris en compte.
Toutes les sommes versées au salarié ne constituent pas nécessairement des éléments permettant de satisfaire au minimum légal.
La fixation ou la revalorisation du SMIG relève des textes et procédures applicables.
L’employeur doit donc surveiller les décrets et autres textes réglementaires susceptibles de modifier les minima salariaux.
Il doit également suivre les évolutions de la convention collective applicable à son activité.
Cette démarche permet d’anticiper les revalorisations et de mettre à jour les paramètres de rémunération dès l’entrée en vigueur des nouveaux textes.
Le paiement d’un salaire inférieur au minimum obligatoire peut exposer l’employeur à des réclamations du salarié et aux conséquences juridiques prévues par la législation applicable.
Selon les circonstances, plusieurs questions peuvent se poser :
Les conséquences exactes dépendent de la disposition méconnue, de la période concernée et des circonstances du dossier.
Un salarié constate que sa rémunération est inférieure au minimum légal ou conventionnel qui lui est applicable.
Il peut demander des explications à son employeur et solliciter la régularisation de sa situation. En cas de désaccord persistant, les mécanismes de règlement des différends du travail peuvent être mobilisés conformément aux règles applicables.
Pour l’employeur, la meilleure prévention consiste à contrôler régulièrement les salaires et à corriger les anomalies dès qu’elles sont identifiées.
Pour sécuriser la paie, le responsable RH peut suivre la démarche suivante.
Étape 1 : Identifier le statut du salarié
Déterminez si le salarié relève du secteur privé, d’un établissement public ou d’un régime particulier.
Étape 2 : Identifier le texte applicable
Consultez le Code du travail, les textes réglementaires fixant le SMIG et les éventuelles dispositions particulières concernant la catégorie de travailleurs.
Étape 3 : Vérifier la convention collective
Identifiez la convention collective applicable et la classification professionnelle du salarié.
Étape 4 : Examiner le salaire de base
Comparez le salaire de base au minimum obligatoire applicable, en tenant compte de la durée de travail et des règles de calcul pertinentes.
Étape 5 : Contrôler les autres éléments de rémunération
Vérifiez les primes, indemnités et majorations afin de vous assurer qu’ils sont correctement traités et qu’ils ne sont pas utilisés à tort pour compenser un salaire de base insuffisant.
Étape 6 : Régulariser les anomalies
Si une insuffisance est constatée, déterminez la période concernée, calculez les sommes éventuellement dues et procédez à la régularisation appropriée.
Cette méthode peut être intégrée au contrôle mensuel de la paie.
Une entreprise recrute un agent d’exécution dans le cadre d’un contrat de travail à temps complet.
Le responsable RH souhaite vérifier si le salaire proposé respecte les minima applicables.
Il doit d’abord identifier la catégorie professionnelle du salarié et déterminer la convention collective applicable à l’entreprise.
Il doit ensuite vérifier le montant du SMIG applicable à cette catégorie de travailleurs et comparer ce minimum au salaire prévu au contrat.
Si la grille conventionnelle prévoit un salaire supérieur au minimum légal, l’entreprise doit respecter le minimum conventionnel obligatoire.
Si le salaire proposé est inférieur au minimum applicable, il convient de le corriger avant la mise en œuvre de la paie ou de régulariser la situation si le salarié est déjà en poste.
Cet exemple montre qu’une vérification du SMIG ne peut pas être effectuée correctement sans tenir compte du statut du salarié et des dispositions conventionnelles applicables.
Le SMIG camerounais a été relevé à plusieurs reprises depuis les années 1990. L’augmentation la plus significative a eu lieu en 2014, avec un quasi-doublement du niveau précédent.
Le tableau ci-dessous retrace les différentes périodes marquantes de l’évolution du SMIG au Cameroun
Les salaires minima en Afrique varient considérablement selon les ressources naturelles, le niveau de développement économique et les politiques sociales de chaque pays. Voici une comparaison indicative.
➡️ Le SMIG constitue un seuil minimal de rémunération fixé par les pouvoirs publics pour les travailleurs concernés.
➡️ Le Code du travail camerounais du 14 août 1992 fournit le cadre juridique général des relations de travail et des règles relatives au salaire.
➡️ Le décret n° 2024/0168/PM du 23 février 2024 fixe le SMIG à 43 969 FCFA pour les agents de l’État relevant du Code du travail.
➡️ Ce montant ne doit pas être présenté automatiquement comme celui applicable à toutes les catégories de salariés du secteur privé.
➡️ Le minimum conventionnel applicable à un salarié doit également être vérifié.
➡️ Les primes et indemnités ne peuvent pas être intégrées indistinctement dans le calcul du minimum salarial.
➡️ Les employeurs et responsables RH doivent surveiller les textes réglementaires afin de mettre à jour les paramètres de paie.
➡️ En cas de rémunération inférieure au minimum obligatoire, une vérification et une régularisation doivent être envisagées.