Article 34 – Insertion professionnelle des jeunes
Les parties contractantes conviennent de favoriser le recrutement des jeunes dans la mesure du possible.
L’article 34 traduit la volonté des partenaires sociaux du secteur du commerce de contribuer à l’amélioration de l’insertion professionnelle des jeunes. Sans créer une obligation juridique stricte de recrutement, il affirme un engagement collectif en faveur de l’accès des jeunes au marché de l’emploi.
Cette disposition s’inscrit dans un contexte où le chômage des jeunes constitue un enjeu majeur au Cameroun. En encourageant les entreprises à leur ouvrir davantage les portes de l’emploi, la convention collective participe à la promotion de la responsabilité sociale des entreprises et au renouvellement des compétences au sein du secteur commercial.
L’objectif poursuivi est donc double : soutenir l’emploi des jeunes et inciter les employeurs à intégrer cette préoccupation dans leur politique de recrutement.
L’article ne comporte qu’une seule phrase, mais celle-ci mérite quelques précisions.
Toutefois, cette priorité ne constitue pas une obligation de recruter systématiquement un jeune candidat. Elle signifie plutôt que, lorsque les besoins de l’entreprise et les compétences disponibles le permettent, les employeurs sont encouragés à privilégier leur insertion professionnelle.
Cette disposition conventionnelle s’inscrit dans le prolongement des principes généraux du droit du travail camerounais et des politiques publiques de promotion de l’emploi.
L’article 34 ne trouve pas son équivalent exact dans le Code du travail camerounais. Il constitue davantage un engagement conventionnel des partenaires sociaux qu’une règle impérative.
Il peut néanmoins être rapproché de plusieurs principes du droit du travail camerounais :
• Le principe de la liberté d’embauche reconnu à l’employeur, sous réserve du respect des dispositions légales et de l’interdiction des discriminations ;
• L’objectif général de promotion de l’emploi poursuivi par les politiques publiques camerounaises ;
• Les mécanismes d’accompagnement à l’insertion professionnelle mis en œuvre par les pouvoirs publics, notamment à travers les dispositifs de promotion de l’emploi des jeunes.
En pratique, cette disposition peut également être mise en œuvre en collaboration avec les structures publiques chargées de l’emploi et de la formation professionnelle, notamment celles qui facilitent le placement, les stages professionnels et l’accompagnement des jeunes diplômés.
Ainsi, l’article 34 complète utilement le cadre légal en invitant les entreprises à participer activement à l’effort national de lutte contre le chômage des jeunes.
Au-delà de son caractère déclaratif, cette disposition présente plusieurs intérêts concrets pour les entreprises et les acteurs des ressources humaines.
L’article 34 présente plusieurs avantages pratiques.
Pour les employeurs, il constitue une invitation à préparer le renouvellement des effectifs en intégrant progressivement de nouveaux talents susceptibles d’assurer la continuité des activités de l’entreprise.
Pour les DRH, cette disposition encourage la mise en place d’une politique de recrutement davantage tournée vers les jeunes diplômés, les stagiaires et les personnes en début de carrière, favorisant ainsi la transmission des compétences.
Pour les jeunes travailleurs, cet article représente un signal positif. Il reconnaît leur place dans le développement du secteur du commerce et encourage les entreprises à leur offrir une première opportunité professionnelle.
Enfin, cette disposition participe à la valorisation de l’image sociale de l’entreprise en démontrant son engagement en faveur de l’emploi et du développement des compétences nationales.
Afin que cette orientation conventionnelle produise des effets concrets, certaines bonnes pratiques peuvent être adoptées par les entreprises.
Les employeurs gagneraient à intégrer l’objectif d’insertion des jeunes dans leur politique de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.
Les services des ressources humaines peuvent développer des partenariats avec les universités, les grandes écoles, les centres de formation professionnelle et les organismes publics de promotion de l’emploi afin d’identifier de jeunes profils qualifiés.
Il est également recommandé de prévoir des programmes d’intégration, de tutorat ou de mentorat permettant aux jeunes recrues de développer rapidement leurs compétences professionnelles.
Lors des recrutements, les critères de sélection doivent demeurer objectifs et fondés sur les compétences requises pour le poste, afin de préserver le principe d’égalité de traitement entre les candidats.
Enfin, les entreprises peuvent valoriser leurs actions en faveur de l’emploi des jeunes dans leur politique de responsabilité sociétale (RSE), ce qui contribue à renforcer leur attractivité auprès des partenaires et futurs collaborateurs.
En définitive, bien que rédigé de manière concise, l’article 34 véhicule un message fort en faveur de l’emploi des jeunes et de la responsabilité sociale des entreprises.
L’article 34 de la Convention Collective Nationale du Commerce traduit l’engagement des partenaires sociaux à promouvoir l’insertion professionnelle des jeunes dans le secteur commercial.
Même s’il n’impose aucune obligation légale de recrutement, il invite les entreprises à intégrer cette priorité dans leur politique de ressources humaines chaque fois que les circonstances le permettent.
Cette disposition contribue à renforcer le dialogue entre les impératifs économiques de l’entreprise et les objectifs nationaux de promotion de l’emploi des jeunes.
Les grandes lignes à retenir
➡️ L’article 34 encourage les entreprises à favoriser le recrutement des jeunes.
➡️ Il ne crée pas une obligation juridique de recruter, mais un engagement de principe des partenaires sociaux.
➡️ La formule « dans la mesure du possible » laisse à l’employeur une marge d’appréciation tenant compte des besoins de l’entreprise.
➡️ Cette disposition participe à la lutte contre le chômage des jeunes et favorise leur insertion professionnelle.
➡️ Les DRH ont intérêt à développer des politiques de recrutement, d’intégration et de formation permettant d’accueillir davantage de jeunes talents.
➡️ Une politique active en faveur de l’emploi des jeunes constitue également un levier de responsabilité sociétale et de valorisation de l’image de l’entreprise.